La colonisation des nations Iroquoises

mapbmp.jpg

Quand les Européens vînt…

      aboriginalmap.jpg

Les tout premiers contacts entre les Iroquois et les Français furent très violents.

 

     En 1609 et 1610, les Agniers (Mohawk aujourd’hui) ont été battus par les Hurons et les Algonquins, aidés par Champlain et ses hommes. La naissance de la haine des Agniers envers les Français ne commença pas à ce moment comme plusieurs le croit encore aujourd’hui, au contraire ils canalisaient bien plus leur agressivité sur les peuple de l’Est que ceux qui se trouvaient au Nord à cette époque. Les Mohicans les empêchaient en effet d’avoir accès aux commerçants hollandais établis à Fort Orange (l’actuelle Albany). Les Agniers ont chassés cette nation de la partie inférieure de la vallée de la Mohawk (d’où notre appellation actuellement) et établirent des liens commerciaux directs avec les Hollandais.      Entre temps, Champlain et ses alliés envahirent en 1615 le pays Iroquois. Ils se sont attaqués une ville Onneioute, ou peut-être Onontaguée. De plus la ville était fortifiée d’une triple palissade, Champlain a été blessé et l’attaque échoua, alors Champlain se replia sur le Saint-Laurent.      Le conflit entre les Iroquois et leurs voisins du Nord devint plus fort qu’après 1635. Les Iroquois étaient devenus dépendants de la traite des fourrures, et le castor avait presque disparu de leur propre pays. Les Agniers n’on pas eut d’autres choix que de réagir à cette situation en fessant d’une certaine façon de la piraterie. Ils ont tendus des embuscades aux canots Hurons chargés de fourrures à troquées avec les Français sur le Saint-Laurent et arrivant du pays Huron par la rivière des Outaouais. À l’autre extrémité de la Confédération, les Tsonnontouans étaient en train d’agrandir leur territoire de chasse en se déplaçant vers l’Ouest à ce moment là. Et les Wenros, voisins des Tsonnontouans, ont été expulsés de leurs terres en 1638.      En 1649, les Agniers et les Tsonnontouans ont éffectués une campagne militaire décisive. Une armée, dont les effectifs furent évalués à un millier de guerriers. Ils parcoururent le sud de l’Ontario pendant l’hiver. En mars, l’union des guériers ont envahie le pays Huron et détruisit les villages de Saint-Ignace et de Saint-Louis, où se trouvaient des missionnaires. Un grand nombre de Hurons contre-attaquèrent et reprirent Saint-Louis. Toute l’armée des Agniers et des Tsonnontouans se jeta sur les Hurons et écrassèrent leur armée au cours d’une féroce bataille qui dura jusqu’à la nuit. Les Agniers et les Tsonnontouans ont jugés s’être assez battus et retournèrent dans leur pays.      Les Hurons étaient déjà démoralisés par une baisse de leur population (leur nombre avait été réduit de moitié par des épidémies de maladies européennes au cours des décennies précédentes) et étaient déchirés par de graves conflits entre partisans et adversaires des missionnaires. Ils n’eurent donc pas d’autre choix que d’abandonner leurs villages à l’été 1649, et un grand nombre moururent de faim l’hiver suivant. Les survivants se sont dispersés pour pouvoir survivre. Beaucoup d’entre eux ont cherchés refuge chez les Iroquois.

      La dispersion des Hurons ne libéra pas suffisamment de territoires de chasse pour les Iroquois alors les Pétuns, les Neutres et les Ériés interdirent l’accès aux territoires de chasse au castor où ils sont entrés en compétition. Les Pétuns ont été attaqués les premiers, et leur agglomération principale, Étharita (peuplée de plus de cinq cents familles) tomba en décembre 1649. Deux villages Neutre ont été détruits en 1650 et 1651, et les Neutres semblent avoir fuit leur patrie dans les deux années qui ont suivis. Les Onontagués et les Tsonnontouans se tournèrent apparemment ensuite contre les Ériés, qui étaient si isolés qu’aucun Européen n’était parvenu dans leur pays. Une grande agglomération Ériée tomba en 1654, les attaquants Iroquois, surtout des Onontagués, s’étant servis de leurs canots comme d’échelles pour escalader la palissade.      Les nécessités de la guerre contre les Ériés semblent avoir conduit les Iroquois à négocier une paix avec les Français en 1653. Celle-ci dura cinq ans et a permit l’établissement d’une mission Jésuite à Onondaga.      Au cours des cinquante années suivantes, les périodes de paix et les périodes de guerre se sont succédées entre la Nouvelle-France et la Confédération Iroquoise, il était courant à ce moment qu’une ou deux nations soient en guerre, tandis que le reste de la Confédération était en paix avec les Français. Des villes Mohawk ont été brûlées par les Français en 1666, puis de nouveau en 1693. Des villages Tsonnontouans eurent le même sort en 1687, et en 1696, les Onneiouts virent leurs villes brûlées par les Français. Quant à leurs voisins Onontagués incendièrent eux-mêmes leur ville devant la menace d’une invasion par les Français.      Tandis que les armées de Nouvelle-France envahissaient déjà le pays Iroquois en période de guerre, les missionnaires sont arrivés pendant les accalmies de paix. Leurs succès a été plutôt variables, mais ils ont convaincus les Iroquois, surtout les Mohawk (anciennement Agnier) qu’ils pourraient s’établir sur les rives du Saint-Laurent. Ils étaient ainsi soustraits à l’influence de leurs compatriotes non chrétiens et de leurs voisins anglais (l’Angleterre s’était emparée de la Nouvelle-Hollande et avait rebaptisé la colonie New York). Ces convertis s’étaient si fermement ralliés à la cause française qu’ils combattraient au sein des forces françaises qui allaient envahir le pays Iroquois à la fin du XVIIe siècle.      En 1701, la Confédération entière négocia des traités avec la France et l’Angleterre. Au XVIIIe siècle, la plupart des Iroquois étaient neutres dans les conflits entre ces deux pays. Les Mohawk, étant proches d’Albany, servaient parfois d’auxiliaires dans les armées anglaises, tandis qu’une partie des Tsonnontouans s’alliaient parfois aux Français, particulièrement après que ceux-ci eurent établi un poste à Niagara en 1720. Les Mohawk convertis au catholicisme du Saint-Laurent étaient évidemment d’actifs alliés des Français.      Dans une tentative en vue d’enchaîner les liens entre les Mohawk et la couronne Anglaise, trois chefs Mohawk (accompagnés d’un chef Mohican) ont été emmenés à Londres en 1710. La présence des quatre chefs fit sensation et lors de leurs apparitions publiques ils ont été surnommés les « Quatre Rois du Canada ».      Pour contrebalancer l’influence des Jésuites Français, ont promit aux chefs Mohawk l’envoi de missionnaires Anglicans. La reine Anne fit don de vases sacrés en argent pour une chapelle de la vallée de la Mohawk. Au cours des premières années du XVIIIe siècle, la Confédération prit un groupe de réfugiés sous sa protection. Les Tuscaroras, qui parlaient une langue du groupe Iroquoien du Nord vivaient jusque-là en Caroline du Nord. Des conflits avec les Blancs les ont obligés à abandonner leurs territoires et à chercher refuge sous l’Arbre de la Paix de la Confédération Iroquoise. Même s’ils n’ont jamais pu siéger au Conseil de la Confédération, celle-ci fut souvent appelée Confédération des Six-Nations après leur établissement en pays Iroquois. Les Mohawk ont été attirés fermement dans l’orbite Britannique grâce aux efforts et à l’influence de sir William Johnson. Celui-ci avait fait appel à des guerriers Mohawk dans ses batailles victorieuses du lac George et de Niagara, ce qui accru leur influence dans l’armée Britannique et dans la hiérarchie coloniale. Au lac George, Hendrick, un des chefs qui avaient été présentés à la reine Anne une quarantaine d’années auparavant, fut tué par une baïonnette française. L’influence de Johnson chez les Mohawk était déjà grande et augmenta à la suite de son mariage avec Mary Brant, membre d’une importante famille Mohawk, en 1759. Sa connaissance de la culture Iroquoise et ses liens personnels avec d’importants Iroquois lui donnèrent une influence sans égale chez les Amérindiens du Nord-Est.      Les Tsonnontouans de l’Ouest ont toutefois échappés à son emprise. Et ont combattus aux côtés des Français jusqu’à ce que les Britanniques viennent assiéger Niagara ce qui les firent alors changer prudemment de côté. Mais après la conquête, ils partagèrent le dégoût des autres Amérindiens des Grands Lacs supérieurs pour les Britanniques, qui avaient remplacé les Français dans cette région. Les Tsonnontouans de l’Ouest ont participé sans réserve à la rébellion de Pontiac.

      À Devil’s Hole, sur la gorge du Niagara, ils infligèrent une grave défaite à un convoi de ravitaillement britannique ainsi qu’au groupe envoyé pour le secourir.  Sir William Johnson mourut en 1774, avant le déclenchement de la guerre de l’Indépendance américaine. Au début, les Iroquois adoptèrent une attitude neutre devant ce « conflit entre père et fils ». En 1777, ils  ont malgré eux été entraînés dans la guerre.      Joseph Brant, (le frère de Mary Brant) était revenu de Londres (où James Boswell l’avait interrogé), et avait jeté tout le poids de son influence en faveur d’un soutien actif de la couronne. Mais les exhortations de sa sœur eurent probablement autant d’importance. Les Mohawk devinrent ainsi d’actifs alliés des Britanniques et des loyalistes. D’autres fonctionnaires du département des affaires indiennes ont réussis à s’assurer le soutien des Tsonnontouans et des Goyogouins, mais les Onontagués restèrent neutres (jusqu’à ce que les rebelles américains brûlent leur ville), et les Onneiouts, sous l’influence de Samuel Kirkland, missionnaire de Nouvelle-Angleterre, combattirent en fait du côté des rebelles.      On pourrait soutenir que les Iroquois et leurs alliés Britanniques et loyalistes étaient en train de gagner la guerre à la frontière de la colonie de New York. Il est vrai que les villes goyogouines et bon nombre de villes Tsonnontouanes on été brûlées en 1779 par une armée rebelle commandée par le général John Sullivan, mais cette défaite ne fut pas plus grande que celles que les Iroquois infligèrent aux rebelles, aussi bien avant qu’après cette date. La frontière de la colonie de New York fut repoussée jusqu’à Schenectady.      La guerre fut perdue sur d’autres fronts et, quand on fit la paix, les Britanniques ne tinrent pas compte du sang versé pour la couronne par les alliés Iroquois de Sa Majesté. La nouvelle frontière internationale laissait les territoires Iroquois à la nouvelle république américaine.      À Londres, les fonctionnaires ont jugés opportun d’ignorer les Iroquois, mais les fonctionnaires en poste au Canada trouvèrent difficile de faire de même. Deux étendues de territoire furent réservées aux Iroquois.      Les Mohawk du capitaine John Deseronto s’établirent dans une réserve située sur la baie de Quinte, au bord du lac Ontario sous la direction de Joseph Brant et un grand nombre d’Iroquois des six nations s’installèrent sur la Grande Rivière (leurs descendants occupent maintenant la réserve des Six-Nations, tout ce qui reste de ce qui leur avait été octroyé à l’origine, près de Brantford, en Ontario). Les vases sacrés en argent donnés aux Mohawk par la reine Anne ont été séparés entre ces deux établissements.      La plus grande nation de la Confédération choisit dans l’ensemble de rester dans l’État de New York. Les Tsonnontouans, même s’ils avaient signé des traités par lesquels ils abandonnaient presque tous leurs territoires, réussirent à conserver un certain nombre de réserves dans l’ouest de l’État. Une partie de celles-ci fut plus tard vendue à des spéculateurs, mais les Tsonnontouans conservèrent trois réserves dans l’État de New York dont Allegany, Cattaraugus et Tonawanda. Environ la moitié des Onontagués restèrent également dans cet État et ont encore une réserve près de Syracuse.      Les Américains voulaient les terres des Onneiouts, dont une grande partie s’étaient pourtant battus aux côtés des rebelles. Quelques Onneiouts ont réussis à conserver des terres dans leurs anciens territoires, mais la plupart durent se déplacer. Certains se sont rendus au Wisconsin, et un autre groupe de 242 personnes acheta des terres près de London (Ontario), en 1829.      L’histoire des établissements Iroquois catholiques dans la vallée du Saint-Laurent est complexe, mais qu’il suffise de dire qu’il y a actuellement quatre réserves, trois au Canada et une autre sur la frontière canado-américaine, où habitent des descendants de ceux qui s’établirent au XVIIe siècle sur le Saint-Laurent. Il s’agit de Caughnawaga et d’Oka, toutes deux près de Montréal et de Saint-Régis (Akwesasne), en Ontario, au Québec et dans l’État de New York, près de Cornwall (Ontario); et de Gibson, en Ontario, sur la baie Georgienne.      Même s’il s’agissait à l’origine d’endroit où les missionnaires se trouvaient, on trouve des fidèles du culte traditionnel aussi bien à Caughnawaga qu’à Akwesasne. Ceux de Caughnawaga ayant adopté la religion de Handsome Lake (Beau-Lac) dans les années 1920, les autres ayant fait de même une dizaine d’années plus tard.      C’est dans le domaine matériel que la rencontre avec la civilisation européenne eut le plus de conséquences. Des objets européens étaient parvenus en pays Iroquois au moins un demi-siècle avant les véritables contacts entre Européens et Iroquois. Une fois ces biens disponibles en grandes quantités, les Iroquois ne tardèrent pas à abandonner la fabrication de nombreux articles. La hache de pierre fut remplacée par des produits en fer ou en acier, la poterie en terre par des marmites en laiton, les vêtements de cuir par des habits en laine et en coton.

 

      Le wampum, qui était si important dans la diplomatie Iroquoise, ne fut abondant qu’après l’introduction des forets européens. Les arcs furent supplantés par les armes à feu, et l’armure en bois jadis portée par les guerriers Iroquois fut abandonnée. Les perles de verre complétèrent et vinrent à remplacer les piquants de porc épic et le poil d’orignal dans la décoration des vêtements.De nouveaux aliments, empruntés à leurs voisins non amérindiens, entrèrent dans le régime des Iroquois.

      En 1675, les Tsonnontouans élevaient des cochons. Un siècle plus tard, ils avaient des vergers de pommiers et de pêchers et cultivaient la pomme de terre, le concombre, l’oignon et la pastèque, outre les trois soeurs, le maïs, le haricot et la courge. Les Iroquois commencèrent à saler leurs aliments (on dit que les moustiques ne gênaient pas les Autochtones avant que le sel entre dans leur alimentation).      Les modes de peuplement changèrent au fil des ans. Les longues habitations abritant des familles étendues devinrent de moins en moins courantes, les familles nucléaires occupant de préférence des domiciles distincts. Dès 1666, les Mohawk construisaient des maisons de rondins, plutôt que des ouvrages à armature de perches recouverte d’écorce. La palissade circulaire de l’époque préhistorique fut remplacée par de complexes fortifications rectangulaires, défendues par des bastions. Avec l’augmentation de la puissance des Iroquois, ces fortifications furent abandonnées, et la population se dispersa dans des villages de moindre importance. Comme ces petits établissements n’épuisaient pas le sol ou le bois de chauffage autant que les grands villages des débuts de l’époque historique, ils n’avaient pas à être reconstruits périodiquement à de nouveaux endroits. Le fait que les Iroquois disposaient de chevaux comme animaux de trait entra également en ligne de compte, puisqu’il devenait possible de ramasser du bois de chauffage plus loin du village.     À l’époque de la guerre de l’Indépendance américaine, l’habitation des Iroquois et une grande partie de leur culture matérielle étaient devenues identiques à celles de leurs voisins blancs.      Les femmes continuèrent à assumer les tâches agricoles dans les villages Iroquois. Les hommes défrichaient les champs et chassaient (les peaux de cerf étaient encore importantes pour la fabrication des mocassins). Dès les années 1760, des hommes gagnaient un salaire comme porteurs aux portages du pays des Onneiouts et à Niagara. En 1800, des Iroquois de la vallée du Saint-Laurent étaient engagés comme pagayeurs par la Compagnie du Nord-Ouest et la Compagnie de la Baie d’Hudson.

 

Akina:wah

 

ndiheferdinand |
sassouna.unblog.fr/ |
pferd |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Montségur 09
| INTERVIEWS DE STARS
| piafabec